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Un aperçu historique de BAUD

PREHISTOIRE

Paléolithique

Les plus anciennes traces de l'homme en Bretagne remontent à 700 000 ans environ (à St-Malo de Phily, Ille et Vilaine). Les habitats en bordure des côtes ont très souvent été détruits suite à la remontée des eaux due à la fonte des glaces. Dans le Morbihan, le site le plus ancien découvert est à Carnac (St Colomban) où un habitat au pied de falaise vieux de 300 000 ans a été découvert il y a quelques années. Cette longue période de l'histoire de l'humanité que l'on appelle paléolithique (anciennement âge de la pierre taillée) se terminera aux alentours de 10 000 ans avant J.C. et n'est pas représentée à BAUD (aucune découverte).

Mésolithique

De 10 000 a 5 000 avant J.C. le climat se réchauffe, le chasseurs sont remplacés par des peuplades qui commencent à domestiquer les animaux (chèvre et chien). En Morbihan les sites les plus célèbres sont sur les Iles de Téviec (face à Penthièvre) et d'Hoëdic. Mais là encore actuellement aucune trace d'occupation à BAUD au cours de cette période.

Néolithique

De 5 000 à 2 000 avant J.C. c'est l'époque faste de la préhistoire Armoricaine, celle qui voit ériger une architecture exceptionnelle (Cairns, allées couvertes, dolmens, cromlechs, menhirs et autres mégalithes). La région s'étendant du Golfe du Morbihan à l'embouchure du Blavet présente une extrême densité de sites. Les Landes de Lanvaux de Malestroit à Languidic possèdent elles aussi une grande quantité de vestiges de cette époque les forêts de Floranges et Camors n'étant pas en reste. Sur le territoire de BAUD "Stricto sensu", les vestiges sont rares, on note cependant l'allée couverte du Prieuré "Roh prioldi" près de Rimaison, découverte en 1969 et classée monument historique en 1971 ; preuve matérielle qu'une communauté à vécu dans les parages et y a déposé ses morts dans un monument d'une certaine importance. (11 m de long, 2m de large avec tertre probable). Un menhir de 2,20m de haut se trouve près du ruisseau du Roffol, 1 km plus à l'ouest pas très loin du même cours d'eau se voient les 2 menhirs de Kernars (4,20m et 3,20m) dans la commune de ST-Barthélémy jadis en BAUD. Dans cette même commune furent trouvées des haches en pierre polie (dolérite et fibrolite) ainsi que des meules attestant la culture et la consommation de céréales.

PROTOHISTOIRE

Age du bronze

A la fin du néolithique sont utilisés les premiers métaux, or, cuivre et argent surtout pour la parure (bijoux, perles, agrafes, etc...) puis un alliage de cuivre et d'étain, le bronze va s'imposer par sa facilité de moulage, sa dureté, sa ressemblance avec l'or etc... Des armes, outils et parures seront réalisés avec cet alliage, 3 haches à talon en bronze furent découvertes au bourg de St-Barthélémy en 1889, une autre à Quinipily. La vallée de l'Evel semble avoir intéressé ces peuples de l'âge de bronze puisque dans les années 1890 on pouvait voir près de Quinipily un tumulus (butte de pierre recouvrant une sépulture) de 2,50 m de haut et de 62 m de circonférence puis un autre détruit en 1891 (peut-être à Guernalain) de mêmes dimensions. Plus récemment (1974) fut découvert à Kercorde un coffre en dalles de granit de 1,80 m x 1,15 x 0,70 m ayant servi de sépulture mais l'acidité de notre sol n'a pas permis la conservation des ossements.

Age de fer

Un autre métal fait son apparition. A Baud, un site semble avoir été occupé à cette époque, il s'agit de l'éperon baré de Botchosse là où le Blavet et l'Evel coulant parallèlement laissent entre eux une langue de terre les dominant de prés de 50 m ; deux remparts de terres protégeaient ce retranchement. Un souterrain de cette époque (sorte de cave pour stocker les aliments) aurait été découvert près de Coét-Ligné. deux stèles en granit (associé en général à une sépulture à incinération) à Kernantec et sur un autre point indéterminé de la commune. A St-Barthélémy, une autre stèle hémisphérique de 1,20 m de diamètre vient d'être découverte (1988) à Kerhel ainsi qu'un souterrain à la Villeneuve (1972). Huit bracelets en bronze empilés les uns sur les autres furent également découverts à Kerru en 193 1. La présence des Gaulois puisque c'est ainsi que l'on nomme nos ancêtres de l'âge de fer est donc indéniable sur notre commune.

EPOQUE GALLO-ROMAINE

En 56 avant J-C. la flotte de Jules César anéanti les vaisseaux gaulois des Vénètes en bais de Quiberon. C'est le début de l'époque Gallo-Romaine qui va voir se fondre les deux cultures. Les gaulois d'Armorique, tout en gardant assez longtemps leurs cultes et leur langue vont adopter quelques traits de la civilisation romaine, surtout les notables dans les premiers noyaux urbains (Rennes, Corseul, Vannes, Nantes, Quimper, etc...)

La "romanisation" de l'Armorique nécessita le développement d'un réseau routier digne de ce nom. A cette époque, Baud n'était très probablement pas un centre important, cependant, se trouvant non loin de Castennec, l'antique Sullim, passage de la voie romaine Vannes-Carhaix sur le Blavet. Baud vit donc passer sur son territoire un tronçon de cette voie par Coêt-Coét, en Dosten (ancien militaire). Kerchassîc, Lann et Groez. Hentven. Pen mané. Talforet, Jusqu'à Castennec où se trouvait jadis la Vénus de Quinipily. La statue primitive dont on aurait du mal à préciser l'origine (néolithique, gauloise?) a probablement été détruite (la Vénus telle qu'on peut la voir à Quinipily n'est autre qu'une statue créée de toute pièce à la fin du XVIIe siècle par un aristocrate local épris d'exotisme. L'immense auge monolithique en granit que l'on peut voir actuellement sous la statue est elle par contre très ancienne).

Une autre voie romaine venant de Locmariaquer et se rendant à Castennec traversait également Baud de la forêt de Camors à St-Barthélémy en franchissant l'Evel par un gué à Quinipily. Un enfouissement monétaire de 24 monnaies romaines datant de la seconde moitié du 3e siècle après J.C. a été trouvé en 1866 non loin de ce gué. De plus, quelques fragments de tuiles se trouvant dans les champs ici où là tant sur Baud que sur les communes alentours dénotent la présence de villas gallo-romaines (exploitations agricoles) le plus souvent sur les flancs de coteaux ou terrasses alluviales exposés au sud (Bodivo, Libihan, Keralbaud, Locmiquel, etc...)

EPOQUE MEDIEVALE

L'immigration Bretonne

Dés le Ve siècle et jusqu'au Ville siècle, l'Armorique romaine va connaître une immigration celte venu de Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne) poussés par une invasion des Saxons. L'Armorique prend alors dans les textes le nom de Bretagne. La Bretagne bien qu'indépendante du "Régum Francorum" tisse des liens assez étroits avec lui. De cette époque du Haut Moyen-Age, les traces écrites sont très minces.

Epoque Féodale

Les mottes féodales ou mottes castrales sont les ancêtres des châteaux-forts. Il s'agissait de constructions d'abord en bois puis en pierre élevées sur une plate-forme souvent circulaire dominant un ou plusieurs fossés. Trois de ces mottes sont encore visibles, une à Coet er Houarn (fouillée au 14e siècle - monnaie de Conan 2 soit XI siècle), l'autre dans la forêt de Camors le château de la Motte (Porh Houet er Saleu) probablement de la même époque, une autre encore à Kerfraval (Tourel-Tallen) et c'est par dizaines qu'on pourrait les compter dans les communes voisines. Si l'on observe avec attention l'ancien cadastre de BAUD, il semble bien que le bourg de BAUD ait lui aussi été le siège d'une motte castrale. Nous noterons ici la présence à Kermestre, Coét-Ligné, Léhanvaud, Pongovero, Kérîval, Telléné, d'enceintes présentant des remparts et fossés de terre de formes et dimensions variables qui déterminent un vaste arc de cercle d'une dizaine de kilomètres de long (concentration assez exceptionnelle). Des ouvrages de même nature sont à signaler à Botchosse, Pen Mané, et en forêt de Floranges (le fameux camp "gallo-romain"). Ces enceintes ont souvent été considérées comme des camps romains, elles seraient plutôt médiévales et certaines peut-être protohistoriques.

Au IXe siècle, on note deux monastères à BAUD, un au Prioldi (notre Dame des Neiges) l'autre à Locqueltas (Loc-Gweltas) près du Blavet qui dépendait de l'abbaye St-Gildas de Rhuvs. Selon LE MIENE, BAUD peut-être considéré comme paroisse avant 900 ; le prieur du Monastère ND des Neiges devint recteur de BAUD.

Au XIIe XIIIe. siècle l'emplacement du bourg actuel, la motte castrale attire d'autres habitations. La relative densité de vestiges médiévaux dans les environs amène à penser qu'une population importante pouvait y être fixée. Vers 1130 Tristan, sieur de BAUD, prend part à une révolte du Baron de Vitré contre le duc de Bretagne Conan 3. En 1259, Guillaume de BAUD arbore déjà un blason d'azur à dix billettes d'or, ancêtre de notre Logo actuel. Cette même année est attesté pour la première fois St-Pierre comme titulaire de la paroisse.

Au XVe siècle, les seigneurs de BAUD n'étaient pas les riches de la paroisse. Les seigneurs de Quinipily et ceux de Kermorvant possédaient des châteaux bien plus importants. D'autres seigneurs se partageaient la paroisse les seigneurs de la Villeneuve, de Coét-Ligné, de Bot-Kalper, de Kernaud, de Ténuel. Chacun de ces seigneurs possédait un ou plusieurs moulins auxquels les paysans devaient obligatoirement se rendre (sorte d'impôts indirects en plus d'autres impôts comme le cens, les corvées, le fouage ou la dîme). A BAUD, ces moulins étaient au nombre de 14 à eau et 3 à vent.

Sous l'ancien régime, l'administration était assez complexe. BAUD appartenait à la subdélégation d'Hennebont, relevait de la sénéchaussée de Ploermël dépendant du présidial de Vannes. Jusqu'à la fin du XVJIIe siècle, l'assemblée prônale formée du recteur de la paroisse, des seigneurs, des procureurs fiscaux et d'une bonne partie de la population tenait réunion dans l'église pour y traiter des affaires de la communauté. Cette pittoresque assemblée fut remplacée par une autre composée de 18 membres : le Général de paroisse. Les registres de délibérations du Général sont conservés de 1704 à 1789, ils nous permettent de voir la gestion et les travaux de celui-ci. A la révolution, il fut remplacé par une assemblée laïque : le conseil municipal.

DE LA REVOLUTION A NOS JOURS

Pendant l'époque troublée de la Révolution émergent 5 personnages qui illustrent bien ce grand tournant de 1' Histoire à BAUD.

Vincent CORBEL (du Squirio) un avocat local réputé à Paris, très représentatif de la petite bourgeoisie qui fut des moteurs de la révolution.

Jean JAN, fils de riche cultivateur, se destine à la religion mais les événements le poussent à devenir un chef des contre-révolutionnaires locaux.

Alexis LE LOUER, fils d'un négociant de BAUD, comme Jean JAN, se destine à la prêtrise et comme lui, rejoint la Contre-Révolution, il est surtout connu pour son manuscrit qui nous décrit les évènements de cette époque.

Constantin LE PRIOL Fils d'un riche cultivateur du Scaouët, religieux, il enseigne les mathématiques au Collège de Vannes. A la Révolution, il quitte la France, il y reviendra sous le Consulat pour enseigner a Strasbourg ; il sera ensuite proviseur au Lycée de Pontivy puis Recteur d'Académie de Rennes.

François-Alexandre LA ROCI-IIEFOUCAULD-LIANCOURT, né à la Roche-Guyon, est seigneur de Quinipily. Député aux Etats Généraux, il est fervent partisan à la suppression des privilèges bien que gros propriétaire et Duc de surcroît, il abandonne sans regret et selon son propre vœu, ses prérogatives sur BAUD au grand étonnement de la population. A la mort du Roi il émigre à Londres puis aux Etats-Unis.

En 1870. la commune de BAUD devient le chef-lieu de canton avec Guénin pour dépendance et Pontivy pour chef-lieu de district. BAUD est alors par sa population la deuxième commune du district de Pontivy avec 4.522 habitants après Noyal-Pontivy avec 7.603 habitants devant Pluméliau (3.432 habitants), Cléguérec ( 3.380 habitants), Pontivy (3.337 habitants).

En 1801, le canton de BAUD englobe Bieuzy, Pluméliau, Melrand et Guénin.

Dès 1828 la commune de Pluméliau demande le rattachement du quartier d'Avallec qui faisait jadis partie de Baud. En mai 1866 les habitants des sections proches du hameau de St-Barthélémy estiment que l'école de BAUD est trop éloignée pour que leurs enfants puissent la fréquenter normalement. Ils créent donc une école bretonne puis l'année suivante demandent l'érection de leur quartiers en commune indépendante. Dès lors, BAUD se trouve amputé d'une bonne partie de son territoire. Les délibérations de Conseil Municipal depuis la Révolution jusqu'à nos jours nous montrent l'évolution de notre commune la création des bâtiments communaux, l'entretien des routes et rues, l'arrivée du chemin de fer, etc...


James Eveillard - Extrait de "Présentation générale de la commune"


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